ROUBAIX : expulsion expéditive et contraire à la procédure de 4 familles soit 17 enfants et 8 adultes

4 familles migrantes, qui occupaient depuis 6 mois deux maisons inoccupées depuis au moins deux ans, avec le soutien du DAL et d’associations du quartier, appartenant à la mairie de Roubaix, ont été expulsées jeudi matin par un huissier accompagné des gros bras, sans le concours de la force publique.

Les portes ont été forcées, les biens jetés sur le trottoir. Un père de famille qui a tenté de résister a été gazé et mis sur le trottoir par des hommes en uniforme, selon son témoignage.

Un jugement d’expulsion avait été délivré mardi à l’encontre des occupants, exécutoire sans délai. Toutefois, la Préfecture n’avait pas autorisé l’expulsion manu militari. Ce qui en fait une expulsion illégale. En effet, l’usage de la force pour priver un ménage de son domicile est un privilège de la police, qui ne peut intervenir en droit français qu’avec l’autorisation du Préfet, ce que l’on nomme “le concours de la force publique”.

L’huissier et la mairie de Roubaix se sont affranchi de cette règle,  prétendant que  les occupants sont partis de leur propre chef, lorsque l’huissier leur a intimé de partir …

Cette version arrangée pour la circonstance est contredite par les expulsés et des habitants du quartier, venus sur les lieux pour les secourir.

Les familles et leurs enfants ont ensuite été laissés sous la pluie, avec leurs meubles, ce qui constitue aussi une violation du code des procédures civiles d’exécution (qui régit la procédure d’expulsion), puisque ces derniers doivent être laissés dans le logement ou transportés dans un garde meuble, et mis un mois à disposition des occupants.

Des militants du  DAL et une centaine de militants de SUD santé Sociaux, qui ont laissé leur congrès quelques heures pour soutenir les expulsés, se sont rendus sur place en criant “pas d’expulsion, réintégration !”. Ils ont trouvé les maçons en train de murer les portes, sous protection de la police municipale.

Sous la pression militantes, les maçons ont cessé leur travail, la  police est arrivé en renforts, en grand nombre, venant couvrir cette expulsion illégale, le Maire de Roubaix a reçu une délégation mais a refusé de réintégrer les expulséEs, renvoyant la responsabilité sur l’État. Cette esquive est d’autant plus surprenante que le maire du Roubaix est élu PS.

En attendant les familles qui sont bien intégrées dans le quartier, où les enfants sont scolarisés, sont accueillies pour la nuit  par l’église Évangéliste toute proche.

Droit au logement étudie les possibilité de recours existants pour les expulsés, et saisit le ministère du logement qui avait assuré  la semaine dernière lors du déplacement de Cécile Duflot à Roubaix qu’il n’y aurait pas d’expulsion de ces familles, afin que toute la lumière soit faîte sur cette expulsion illégale.

La loi avait interdit en 2008, les expulsions huissier seul, sans le concours de la force publique, à la suite d’une série de scandales, notamment dans le nord. Il va falloir faire la lumière sur ce qui s’est passé, et si nécessaire combler les lacunes juridiques qui ont permis à un huissier et une municipalité de passer outre la procédure d’expulsion.

Droit Au logement remercie les militantEs de SUD santé sociaux, qui sont passés sans hésiter de la parole aux actes, et ont apporté un renfort précieux aux expulsés et aux militants du DAL, et dénonce la Mairie de Roubaix qui a décidé de se faire justice, au mépris des lois et des principes  de la république.

 

Un toit c’est un Droit !

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Mobiliser ou réquisitionner 100 000 logements vacants

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6,309 signatures

Mobiliser ou réquisitionner 100 000 logements vacants

Premiers signataires :
Albert Jacquard, Mrg Gaillot, Josiane Balasko, Christophe Alévêque, Guy Bedos, Miguel Benasayag, Jacques Bonnaffé, Florence Cestac, Alfred Circus, Coco, Alexandre Coutelis, Didier Daeninckx, Annie Ernaux, Thomas Fersen, Alain Lipietz, Daniel Mermet, Miss Tic, François Morel, Michel Onfray, Olivier Pont, Didier Porte, Olivier Poubelle, Sansévérino, Siné, Catherine Sinet, Bruno Solo,Romane Bohringer, Yvan Le Bolloc'h, Thibaut Soulcié, Gerard Mordillat ….

150 000 : Le nombre de sans logis ne cesse d'augmenter, à mesure que la crise du logement se durcit, les expulsions se poursuivent, les dispositifs d'hébergement d'urgence s'engorgent et montrent leur limite. Désormais des femmes, des enfants, des mineurs, des handicapés, des vieillards, des jeunes, des réfugiés, des sinistrés …  vivent dans la rue, dans des abris de fortune, alternant parfois avec des hébergements temporaires et éloignés. Les filets de la protection sociale se relâchent dangereusement, remplacés trop souvent par ceux de la répression.

48 ans est l'âge de décès moyen des sans abris dans notre pays. 80 ans est l'espérance de vie moyenne de la population. Plus de 200 sans abris sont morts, depuis le début de l’année, et la grande majorité dans la rue.

Etre mis et laissé dans la rue est donc une condamnation à la peine capitale doublée d'une lente et cruelle descente aux enfers : on perd son emploi, sa famille, ses amis, le respect d’autrui et de soi, sa santé. La déchéance morale précède la déchéance physique, et une lente agonie  ... Tout le monde l’a compris parmi ceux qui consacrent l’essentiel de leur revenu au loyer ou à leur traite .
Nous avons aboli la peine de mort en 1981, il faut abolir ce châtiment, définitivement !

Non seulement c'est un devoir moral, mais c'est aussi la loi : Le Conseil d'État l'a rappelé en février dernier, la “violation du Droit à l'hébergement”, est “une atteinte à la dignité humaine”.
La mise en œuvre de la Loi sur le Droit Au logement Opposable  - loi DALO - est aussi bafouée. Le nombre de ménages  reconnus prioritaires en attente de leur relogement par l’État est en hausse constante, et touche 50 000 ménages. Là encore il s’agit de personnes et de ménages vulnérables, contraints de vivre dans des taudis, sous la menace d’une expulsion ou d’une fin d’hébergement, et donc du pire.

Dès lors, l'État au plus haut niveau doit mettre en œuvre les moyens de sortir de cette crise, avant qu’elle ne se transforme en désastre humanitaire et politique. Il n’est pas acceptable que l’on nous resserve au plus fort de l‘hiver l’ouverture de gymnases et autres stations de métro, d’igloos …

Jamais notre pays n'a compté autant de logements vacants : 2,39 millions en 2011 selon l’INSEE1. Il y a pléthore de locaux et logements désaffectés appartenant à l’État, à des entreprises, à des HLM...

Récemment l’assemblée nationale a adopté deux amendements facilitant la mise en œuvre de la loi de réquisition. Encore une loi à appliquer !

Mobiliser ou réquisitionner temporairement et à faible coût  100 000 logements vacants, c’est sortir de la rue et de la grande précarité 300 000 personnes, de quoi nous redonner espoir et confiance.
Avec les mouvements sociaux du logement, nous demandons au Président et au Premier Ministre de donner l’impulsion nécessaire à cette entreprise, en urgence, il n’y a plus de temps à perdre !

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