La Roche-sur-Yon – Réquisition citoyenne: L’UNEDIC, propriétaire, demande l’expulsion

Depuis le 10 Décembre, les anciens locaux de « Pôle Emploi » de la Roche-sur-Yon (Vendée, 85) ont été réquisitionnés, pour des familles et des personnes sans abri, avec le soutien du DAL Vendée créé depuis le printemps dernier.Vides depuis plusieurs mois, les locaux appartenant à l’UNEDIC contiennent une trentaine de pièces, et accueillent actuellement 7 ménages, 4 familles avec 11 enfants et 2 ados. La plupart des adultes sont des migrants demandeurs d’asile. Pierre, sans abri, qui attend aussi un vrai relogement, s’est installé avec les familles et participe activement à l’organisation et la défense des lieux, avec les militants du DAL de la Roch-sur-Yon.

Sans tarder, l’UNEDIC,  propriétaire des lieux, a assigné le DAL Vendée, en référé expulsion pour le 19 décembre. L’Avocat s’êtant retiré en dernière minute, la fédération DAL a aidé le DAL 85 à rédiger des conclusion en défense. En effet, le comité n’étant pas habitant des lieux, l’UNEDIC s’est donc trompé de cible. Tablant sans doute sur un jugement d’expulsion sans délais l’UNEDIC s’est retrouvé désarçonné par la position du DAL qui demande purement et simplement la nullité de la procédure. La fédération DAL apporte aussi son soutien à l’employé de l’ERFD qui a refusé de couper l’électricité comme le demandait l’UNEDIC.

L’audience a été renvoyée au 17 janvier; Affaire à suivre. La fédération DAL sera présente à cette date comme à la réunion de présentation et de débat organisée la veille avec le DAL 85. En attendant les réquisitions promises par Duflot, et qui tardent à arriver, il faut bien loger les sans logis et les familles. A la Roche-sur-Yon, c’est chose faite !

Un toit c’est un droit !    

Les anciens locaux de Pôle Emploi occupés, à la Roche-sur-Yon.

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Mobiliser ou réquisitionner 100 000 logements vacants

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Mobiliser ou réquisitionner 100 000 logements vacants

Premiers signataires :
Albert Jacquard, Mrg Gaillot, Josiane Balasko, Christophe Alévêque, Guy Bedos, Miguel Benasayag, Jacques Bonnaffé, Florence Cestac, Alfred Circus, Coco, Alexandre Coutelis, Didier Daeninckx, Annie Ernaux, Thomas Fersen, Alain Lipietz, Daniel Mermet, Miss Tic, François Morel, Michel Onfray, Olivier Pont, Didier Porte, Olivier Poubelle, Sansévérino, Siné, Catherine Sinet, Bruno Solo,Romane Bohringer, Yvan Le Bolloc'h, Thibaut Soulcié, Gerard Mordillat ….

150 000 : Le nombre de sans logis ne cesse d'augmenter, à mesure que la crise du logement se durcit, les expulsions se poursuivent, les dispositifs d'hébergement d'urgence s'engorgent et montrent leur limite. Désormais des femmes, des enfants, des mineurs, des handicapés, des vieillards, des jeunes, des réfugiés, des sinistrés …  vivent dans la rue, dans des abris de fortune, alternant parfois avec des hébergements temporaires et éloignés. Les filets de la protection sociale se relâchent dangereusement, remplacés trop souvent par ceux de la répression.

48 ans est l'âge de décès moyen des sans abris dans notre pays. 80 ans est l'espérance de vie moyenne de la population. Plus de 200 sans abris sont morts, depuis le début de l’année, et la grande majorité dans la rue.

Etre mis et laissé dans la rue est donc une condamnation à la peine capitale doublée d'une lente et cruelle descente aux enfers : on perd son emploi, sa famille, ses amis, le respect d’autrui et de soi, sa santé. La déchéance morale précède la déchéance physique, et une lente agonie  ... Tout le monde l’a compris parmi ceux qui consacrent l’essentiel de leur revenu au loyer ou à leur traite .
Nous avons aboli la peine de mort en 1981, il faut abolir ce châtiment, définitivement !

Non seulement c'est un devoir moral, mais c'est aussi la loi : Le Conseil d'État l'a rappelé en février dernier, la “violation du Droit à l'hébergement”, est “une atteinte à la dignité humaine”.
La mise en œuvre de la Loi sur le Droit Au logement Opposable  - loi DALO - est aussi bafouée. Le nombre de ménages  reconnus prioritaires en attente de leur relogement par l’État est en hausse constante, et touche 50 000 ménages. Là encore il s’agit de personnes et de ménages vulnérables, contraints de vivre dans des taudis, sous la menace d’une expulsion ou d’une fin d’hébergement, et donc du pire.

Dès lors, l'État au plus haut niveau doit mettre en œuvre les moyens de sortir de cette crise, avant qu’elle ne se transforme en désastre humanitaire et politique. Il n’est pas acceptable que l’on nous resserve au plus fort de l‘hiver l’ouverture de gymnases et autres stations de métro, d’igloos …

Jamais notre pays n'a compté autant de logements vacants : 2,39 millions en 2011 selon l’INSEE1. Il y a pléthore de locaux et logements désaffectés appartenant à l’État, à des entreprises, à des HLM...

Récemment l’assemblée nationale a adopté deux amendements facilitant la mise en œuvre de la loi de réquisition. Encore une loi à appliquer !

Mobiliser ou réquisitionner temporairement et à faible coût  100 000 logements vacants, c’est sortir de la rue et de la grande précarité 300 000 personnes, de quoi nous redonner espoir et confiance.
Avec les mouvements sociaux du logement, nous demandons au Président et au Premier Ministre de donner l’impulsion nécessaire à cette entreprise, en urgence, il n’y a plus de temps à perdre !

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